Intervention du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault sur la situation au Mali (2ème session du sommet UE/CELAC)


2ème session du sommet UE/CELAC (dimanche 27 janvier, 10h00-12h00)

Intervention du Premier ministre français, M. Jean-Marc Ayrault

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Messieurs les co-présidents,

Mesdames et Messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs,

Cette seconde session, sans collaborateur, me semble offrir le moment opportun pour évoquer avec vous la situation au Mali. Je sais que ce pays est éloigné de votre continent, mais les enjeux auxquels nous y sommes confrontés concernent la communauté internationale dans son ensemble.

J’ai pensé que vos pays, dont certains ont été durement touchés par le terrorisme, souhaiteraient être informés de cette situation et des raisons qui ont conduit la France à intervenir.

Depuis sa prise de fonction, le Président François Hollande a sans relâche mobilisé la communauté internationale sur les dangers de la situation au Mali. Il l’a notamment fait à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, en septembre dernier, en insistant sur la menace que représentait pour la stabilité de toute l’Afrique de l’Ouest et, plus généralement, la sécurité internationale, cette perte de souveraineté du Mali sur une partie de son territoire.

La communauté internationale en a pris acte, puisque trois résolutions, sous chapitre VII, ont été adoptées à l’unanimité par le Conseil de Sécurité. La résolution 2085 du 20 décembre dernier a autorisé le déploiement d’une force africaine pour aider le Mali à recouvrer son intégrité territoriale. L’Union européenne a, quant à elle, décidé de contribuer en mettant en place une opération de formation, dans le cadre de sa politique de sécurité et de défense commune.

C’est probablement pour empêcher la communauté internationale d’agir que les groupes terroristes ont, le 10 janvier dernier, repris l’offensive, en s’emparant d’une ville commandant l’accès au Sud du Mali et de sa capitale. Le Président légitime de ce pays souverain a lancé à la France un appel à l’aide et en a informé le Secrétaire général des Nations Unies. Le Conseil de Sécurité a confirmé qu’il y avait bien une menace directe contre la paix et la sécurité internationales.

Dans le respect de la Charte des Nations Unies, mon pays a décidé d’assumer ses responsabilités et de venir en aide à ce pays ami. Nos objectifs consistent à stopper l’avancée des groupes terroristes vers le Sud, à aider le Mali à recouvrer son intégrité territoriale et à préparer la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité. La France n’a aucun autre but au Mali. Je tiens à le souligner devant vous.

Son intervention aux côté des forces armées maliennes et en réponse à la demande d’un Etat souverain n’a pas vocation à se prolonger. Elle durera le temps nécessaire à ce que l’opération africaine prenne le relai.

Les pays d’Afrique de l’Ouest ont salué unanimement cette décision. Nos partenaires de l’Union européenne nous apportent un soutien politique et logistique important. L’opération africaine, la MISMA, est en cours de déploiement et le premier contingent de l’opération européenne arrivera à Bamako, début février.

Nous appelons toute la communauté internationale à continuer à se mobiliser. Chacun d’entre vous peut contribuer, selon ses possibilités, à aider le Mali et les pays d’Afrique de l’Ouest qui viennent à son secours. Une conférence des donateurs a lieu, le 29 janvier, à Addis Abeba.

La France est pleinement consciente de la nécessité d’une solution politique et d’un effort de développement pour ouvrir la perspective d’une paix durable. Un processus doit être rapidement engagé, dans la perspective d’élections démocratiques au Mali et de l’établissement d’un dialogue avec toutes les composantes de la société malienne, sur tout son territoire.

Je vous remercie.

publié le 23/10/2017

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